Merci à lecteur.com et aux éditions Dystopia pour m'avoir permis de lire ce roman.

 

Titre : L'année suspendue

Auteur :  Mélanie Fazi

Édition :  Dystopia

Nb de pages : 293

 

Source: Externe

RésuméComme dans le livre précédent, il est question ici d'une expérience personnelle et subjective. Le texte parle du vertige de se découvrir autiste à plus de quarante ans, du chemin compliqué, intérieur et extérieur, qui mène au diagnostic et à l'acceptation de soi, du soulagement de découvrir enfin son propre mode d'emploi

 

Avis : Il m'est très difficile de trouver les mots justes pour chroniquer ce livre tellement le témoignage est poignant. 

Mélanie Fazi nous raconte son sentiment d'être "à côté" de la plaque vis-à-vis de ce monde qui l'entoure. Pourquoi est-elle si fatiguée ? Pourquoi les interactions sociales lui sont difficiles ? Jusqu'au jour où elle va peut-être poser un mot sur tout cela : l'autisme. Elle nous parle de son passé, de ses "bizarreries", de ce besoin de s'isoler du monde. Suite au diagnostic, elle sait enfin, elle peut enfin poser un mot sur le mal qui la ronge depuis toujours.

C'est un récit bouleversant et qui m'a bouleversé, ça ne m'arrive pas souvent, mais qu'est-ce que j'en ai fait couler des larmes ! Pas des larmes de tristesse, pas des larmes de compassion (parce que c'est un sentiment difficile pour ma part) mais bien des larmes parce que les situations qu'elle nous décrit, je les ai vécues et je les vis encore. Et j'en ai même découvert d'autres comme le coup des étiquettes de vêtement. Je me suis toujours demandée pourquoi je ne les supportais pas, pourquoi depuis aussi loin que je me souvienne, c'est la première chose que j'enlève quand j'achète des fringues. Je ne supporte AUCUNE étiquette, ça me gêne, ça me gratte, et même si l'étiquette ne me touche pas directement, je la sens, je sais qu'elle est là, il faut que je l'enlève. Maintenant, j'ai un début de réponse à ça. Je comprends mieux aussi mon besoin de m'isoler dans une bulle, d'avoir le moins d'interactions physiques possibles et que finalement, ces mesures barrières sanitaires me vont bien... Pas besoin de faire la bise à mes collègues tous les jours. Ça fait cinq ans que je me pose de plus en plus de questions sur mes bizarreries, et je pense que j'y suis en plein dedans. Reste plus qu'à sauter le pas pour vraiment poser un mot dessus, et ça, ce n'est pas gagné.

 

Cette chronique est courte, car si je continue, je vais plus parler de moi et ce n'est pas le but du jeu ^^

 

Bref, c'est un très très beau récit. Si vous voulez comprendre ce que ressentent les autistes, même les plus légers, je vous invite vivement sur cette lecture. Les mots sont très justes et tellement vrais.